C’est quoi être en avance ou en retard sur l’occident ? 

 

Une vidéo YouTube sur le Japon 

Il y a quelque jours alors que je regardais une vidéo YouTube sur le Japon qui s’intitulait “Le Japon ce n’est pas le paradis”, je suis tombé sur un commentaire d’une personnes qui tenait un propos interessant (du moins suffisamment pour retenir mon attention et lire plus en avant ce qu’elle tentait d’exprimer en réaction à cette vidéo et au reste des auditeurs). C’est alors qu’elle a fini son commentaire adressé à la blogueuse, par la phrase suivante : 
“Tu devrais aborder le système éducatif, le système social, le fait qu’on ne trouve pas de fruits et légumes abordables, que les machines lavent à l’eau froide, les droits de la femme, la protection des animaux, tous les sujets sur lesquels le Japon a du retard sur l’Occident.”  

 

En retard sur l’Occident ? 

Et comme vous pouvez l’imaginer c’est sur la fin de cette phrase : “tous les sujets sur lesquels le Japon a du retard sur l’Occident” que j’ai bloqué. Cela m’a travaillé pendant 2 jours, surtout que je venais d’avoir une discussion assez animée avec un ami fraichement revu, concernant ma vision de l’avenir des jeunes dans notre pays. Il m’avait donné un tout autre point du vue de son expérience que je ne pouvais en aucun cas remettre en doute… Son opinion, par son expérience, était totalement différente de ma vison. Et pourtant mon point de vue sur la question était basé selon moi sur des faits réels, des constatations personnelles, des articles lus, des réflexions partagées avec d’autres personnes bien placées pour traiter le sujet. Et ce qui m’a le plus perturbé, c’est qu’au fil de la discussion je me rendais bien compte qu’on parlait bien des mêmes choses et des mêmes faits, mais que lui ne les interprétait pas du tout de la même façon. 

 

Vous pouvez répéter la question ? 

C’est pourquoi je m’interroge sur cette question de point de vue : être en avance ou en retard sur notre époque, par rapport à l’occident ? 
Que peut bien vouloir dire être en avance ou en retard sur sur son temps ? 
De quelle manière aborder la question ? Par rapport à quoi et à qui ?  
Est-ce une question de point de vue, de croyances, de culture et philosophie liées à notre conception de ce que devrait être l’existence sur notre planète ? Sur quels indicateurs nous basons nous pour mener cette réflexion ? À quel moment pouvons nous dire que l’humanité progresse ? Sur quelles notions dites “universelles” peut-on se mettre d’accord pour juger qu’un pays et sa manière de faire ou de se comporter relève du progrès, du respect des “bonnes valeurs” ou de la régression ou non progression par rapport à ces mêmes valeurs ? 

 

Complexité de la réponse

Moi je trouve cela très complexe d’y répondre.  En dehors de certaines valeurs, dites “Universelles”, comme celles des droits de l’Homme sur lesquelles nous sommes à peu près tous d’accords.  Encore que, cela ne semble pas si évident même encore aujourd’hui pour certains pays et surtout certaines religions.   
 
C’est pourquoi je me demande sincèrement où se trouve cette justesse de jugement critique lorsque l’on sait à quel point il est difficile de juger ce qui est loin de nous. Si l’on a quelques notions psychologiques à savoir que l’autre, de son point de vue, a toujours raisons car il s’agit de sa vison, sa compréhension, son interprétation, et donc de son ressenti et de son expérience, je me demande souvent comment poser mon regard et mon interprétation.   
 
Qui sommes-nous pour juger si telle position ou tel comportement est digne d’être élevé en haut du rempart “c’est bien” ou “c’est mal”, ou c’est “digne” ou “indigne”, ou bien encore, cela relève du “progrès” ? 
Quels sont les références et les croyances que nous utilisons pour comparer, et surtout sont-elles les “bonnes” ? 
 

Exemple de la condition de la femme 

Prenons au hasard  la condition de la femme comme le mentionne dans son commentaire l’internaute en commentaire. Pourquoi jugeons nous sa condition mauvaise ou moins bonne que la femme chez nous ? Les femmes souffrent-elles plus que chez nous, sont elles plus malheureuses, et d’ailleurs sous quels critères pourrions juger de cela ? Parce qu’elles sont à la maison et s’occupent des enfants et du bon fonctionnement du domicile ? Est-ce cela qui nous choque ? Parce que la condition des femmes ne correspond pas à l’image que nous souhaiterions pour nos femmes ? Est-ce que les femmes s’en plaignent au Japon ? oui surement certaines comme partout dans le monde. Mais chez nous je connais beaucoup de femme qui rêveraient de pouvoir s’occuper de leur foyer et de leurs enfants plus qu’elles ne le peuvent à l’heure actuelle… Je connais aussi des hommes qui souhaiteraient rester à la maison avec leurs enfants ceci-dit en passant… Bref le sujet de cette réflexion n’est pas de parler de la condition de la femme, je m’y attaquerai une autre fois, mais d’y soulever la notion d’être en retard ou en avance sur son époque par rapport à l’occident. 
 

Exemple classique de l’utilisation du suicide au Japon 

Exemple concret pour illustrer un fait que je retrouve souvent employé par mes congénères occidentaux judéo-chrétiens qui prennent comme preuve à l’appui le “suicide” pour illustrer leur propos négatifs ou alarmistes concernant la société Japonaise. 
 
Je suis à chaque fois surpris par l’utilisation de cet exemple qui revient quasi-systématiquement dans la bouche de gens très intelligents, cultivés, et bienveillants. Combien de fois je les vois se fourvoyer en utilisant cet exemple. C’est à croire qu’ils en oublient totalement leur système de pensée et de valeurs occidental et donc leur philtre judéo-chrétien, pour juger ou pointer du doigt l’acte de suicide au Japon. La plupart du temps, ils l’utilisent pour justifier ou prouver que la société Japonaise est mal en point ou bien n’est pas si enviable que cela. Il ne font que se baser sur notre jugement du suicide qui pour nous autres occidentaux, est la chose la plus grave et le plus grand péché dans notre éducation ancestrale et religieuse. Au Japon le suicide n’a pas du tout cette valeur. C’est un acte de bravoure et de réparation pour prouver ou sauver son honneur ou celui de sa famille et en aucun cas un acte désespéré, de dépression, ou autre mal être psychologique. C’est pourquoi comparons ce qui est comparable et interprétons avec des pincettes.  
 

Comment exprimer son opinion ? 

Et bien en ne jugeant pas, tout simplement, ou le moins possible du moins. Le simple fait d’ouvrir la réflexion en s’interrogeant est déjà lourd de conséquences. Par le simple fait de se poser une question, la voie du changement se met en mouvement, elle est souvent le résultat d’une grande prise de conscience et pour soi-même ou pour l’inconscient collectif. Mon expérience de vie commune avec ma femme, d’une langue et d’un continent si éloignés de ma culture, m’a appris 2 choses : premièrement ne pas juger ou condamner hâtivement et deuxièmement, d’avoir toujours en tête que lorsque j’observe quelque chose j’ai mon filtre judéo-chrétien, de culture, d’éducation et de croyances, (en bref mes lunettes de soleil et de vue !).

Et vous, c’est quoi votre truc pour rester le plus objectif possible ? 

 

MG